Thèmes du Congrès
L'urbanisation rapide et la mondialisation accélèrent le processus de métropolisation. Les dynamiques métropolitaines redéfinissent et recomposent les territoires où les gens vivent, travaillent, consomment et créent. Ces multiples interactions d’acteurs, d’échelles de territoires et de fonctions fabriquent aujourd’hui les territoires les plus performants. Ces interactions dessinent les composantes d'un « espace métropolitain », échelon territorial privilégié de dialogue, de réflexions prospectives et d’actions pour affronter les défis d'une société en rapide transformation. Comment changent les métropoles, que seront les métropoles de la prochaine génération ?
Les flux métropolitains conditionnent la vitalité économique, l'insertion dans un système régional ou mondialisé et la qualité de vie des habitants. Ces territoires doivent composer entre les objectifs de vitesse et lenteur, de liaisons grande distance et de proximité, de flux et stock : l’habitabilité des espaces de flux émerge comme un nouvel enjeu aux côtés de celui des espaces résidentiels ou des centralités. Comment passer de la métropole seule à la métropole avec les autres et quels partenariats avec les grandes et très grandes métropoles?
Si les très grandes métropoles, les mégapoles, attirent aujourd’hui l’attention, leur développement, les politiques qu’elles portent, ne sont pas toujours représentatives de toutes les situations urbaines notamment des villes-territoires de taille moyenne. Pour rester attractives, ces métropoles « intermédiaires » organisent leurs alliances selon des modalités qui réinventent la démocratie locale ; elles sont confrontées à la concurrence à laquelle elles apportent des réponses spécifiques, différentes de celles des grandes métropoles. Comment ces territoires évolueront-ils demain?
Le choix de Lyon et Grenoble, comme villes hôtes du Congrès annuel INTA35, illustre la diversité des alliances et des stratégies de valorisation des atouts naturels, culturels et sociaux des métropoles intermédiaires. la comparaison avec d’autres situations dans le reste du monde doit aider à dégager une meilleure compréhension des dynamiques à l'œuvre, à réduire l’incertitude face aux changements, à répondre de manière pragmatique aux interrogations vis-à-vis du futur, à concevoir les mesures à déployer pour assurer un développement soutenable et désiré, et sans doute aussi, à montrer que les cadres de gouvernance sont au service des stratégies et projets de territoire.
Face à la spécialisation spatiale et la ségrégation, l'identité métropolitaine peut-elle aider à concevoir des stratégies « correctives » comme à Lyon, Bordeaux, Turin, Lima, Stuttgart, Durban, Gdansk ou Fukuoka?
Comment les métropoles intermédiaires négocient avec leurs partenaires industriels un positionnement attractif dans la nouvelle économie comme Singapour, Vancouver, Malmö, Kuala Lumpur, Anvers, Grenoble ou Genève?
Quelles politiques structurelles et quelles modalités de partenariat entre ville centre et les autres villes du territoire métropolitain comme dans le cas de Rotterdam et du Randstad, de Bogota et de Cundinamarca, de Rostock et de l'Allemagne du Nord, de Getafe vis à vis de l'agglomération de Madrid, de Prague et de la Bohême, de Katowice avec la Silésie, de la région urbaine de New-York?
Quelles innovations peuvent conduire les métropoles à être plus respectueuses de l'environnement et à mieux valoriser leur patrimoine naturel et culturel comme à Bilbao, Bâle, Tainan, Lisbonne, Tallinn, Varsovie ou Oujda?
Après ses grands congrès sur la métropolisation de La Haye, Kuala Lumpur, Kaohsiung, San Sebastian, et ses récents travaux sur le futur des métropoles, à Bogota en Amérique latine, et à Getafe et Bordeaux en Europe, l’INTA conçoit son 35ème congrès annuel comme une étape supplémentaire dans l’anticipation des facteurs de changement, et la construction de politiques de développement urbain visant à renforcer l'efficacité des moyens de l’action collective.
Le déroulement du Congrès
Le Congrès INTA35 questionnera les stratégies des acteurs publics et privés des métropoles intermédiaires et leur capacité à prendre rang dans la mondialisation des échanges dans 4 directions - la gouvernance, l'équité sociale, la dynamique économique et la responsabilité environnementale – et leurs croisements avec les interactions qui font la métropole : l'identité et la représentation de la métropole, les projets urbains, la coopération et les alliances et, enfin, l'écologie de la mobilité.
L'ensemble des thèmes sera traité au cours de 4 journées de travail, commençant dès le dimanche avec le Conseil mondial du développement urbain et des visites techniques, suivie des plénières du lundi et mercredi, ponctuées par une journée de conférences urbaines (ateliers du mardi), et une ballade urbaine (mardi à Grenoble) et un post–tour jeudi à Lyon.
- Gouvernance
- Economie
- Environnement
Décideurs politiques ou économiques, praticiens ou experts de la politique urbaine sont réunis par l'INTA au sein d'un think tank international de réflexion prospective, le Conseil mondial du développement urbain (CMDU), pour débattre des grands enjeux urbains dans une logique de développement équitable et maîtrisé.
Sa mission première est d'anticiper sur les tendances de la société urbaine, de permettre l’expression de pensées différentes sur le développement urbain et de proposer des réponses durables aux interrogations soulevées par les évolutions et changements de nos sociétés.
Plénières
Quelle place pour les populations, les citoyens, quelle prise en compte de leur parole dans la construction des systèmes métropolitains ? Comment ces territoires dialoguent avec les territoires voisins, ruraux ou urbains : alliances entre métropoles ou entre systèmes de villes, les alliances de voisinage.
Les politiques environnementales sont-elles plus efficaces lorsqu'elles sont traitées au niveau métropolitain ? Quelle place pour les zones suburbaines et rurales ? Quelles sont les demandes des zones péri-métropolitaines face à la concentration des services dans le cœur métropolitain ? Comment la densité urbaine impacte la question des responsabilités environnementales ?
La dimension métropolitaine souffre souvent d’un déficit de représentation, alors qu’elle existe comme une réalité quotidienne pour une multitude d’acteurs qui la pratiquent dans leur travail, leurs loisirs, leurs déplacements et leurs modes d’habiter. La construction d’un espace public d’expression et de confrontation des récits métropolitains, à l’initiative des collectivités, peut être la condition d’émergence d’une identité métropolitaine réellement partagée. Comment favoriser la prise en compte des multiples visages de la métropole, symboliques, temporels, économiques, culturels, et la consolidation d’une identité collective?
Articulation des métropoles intermédiaires avec d’autres niveaux territoriaux. Quels modes de gouvernance pour les métropoles intermédiaires : coopérations, complémentarités, stratégies et gouvernance, coopérations, identité métropolitaine, enjeux économiques de mise en réseaux avec autres échelles territoriales, enjeux de développement d'infrastructures…
Conférences urbaines
Pour organiser la métropole multipolaire et atteindre des masses critiques ou une lisibilité internationale, pour mettre en commun des moyens, valoriser les complémentarités, organiser les mobilités. Espaces métropolitains intégrant agglomérations et espaces périurbains. Quels scénarii de gouvernance pour les métropoles intermédiaires dans la perspective 2040 : réseaux de villes, contiguïtés agglomérées ?
Négotiations pour favoriser la mise en œuvre du projet métropolitain. La réalisation des grandes infrastructures, l’accueil d’équipements structurants, de grandes entreprises ou de grandes manifestations nécessite une capacité de négociation avec d’autres niveaux territoriaux : Région, Etat, Europe, Monde dont dépendront la vitalité et le dynamisme des métropoles.
La taille des métropoles intermédiaires est-elle un atout pour développer une démocratie participative autour de la construction d’un projet métropolitain ? Quels modes de gouvernance pour atteindre un objectif de qualité de vie sur tous les territoires de la métropole et pour stimuler l’innovation sociale, urbaine et environnementale au bénéfice de tous ? Partage d’une identité métropolitaine ?
Les métropoles intermédiaires présentent-elles des terrains d’expérimentation et de développement d’une économie verte que ne possèdent pas les grandes métropoles, en intégrant les ressources de leurs territoires périurbains et ruraux ?
Quels modes de coopérations et quels effets d’échelle pour exister à l’échelle internationale? Production de valeurs pour les métropoles intermédiaires dans les réseaux mondiaux ; contribution des métropoles intermédiaires à l’économie de la connaissance ; connectivité avec les grands réseaux de transport et de communication.
Ces territoires doivent composer entre les objectifs de vitesse et de lenteur, de liaisons grande distance et de proximité, de flux et de stock : l’habitabilité des espaces de flux émerge comme un nouvel enjeu aux côtés de l’habitabilité des espaces résidentiels ou des centralités. Les temps d’accès caractérisent et dessinent aujourd’hui les métropoles tout autant que l’occupation physique de l’espace.
A l’heure où les territoires métropolitains se mettent en place, s’organisent, se structurent en modifiant les habitudes de fonctionnement et de gouvernance territoriale, et où, parallèlement l’économie touristique se trouve interrogée par une mise en concurrence effrénée, par une explosion des offres proposées en direct, par des incertitudes structurelles sur ses ressorts, par les évolutions des attentes, des comportements et des pratiques des clientèles aussi diverses que fugaces, il est nécessaire de s’interroger sur les dynamiques à mettre en œuvre pour permettre qu'émergent de réelles destinations touristiques appuyées sur une stratégie de développement volontaire, partagée, et prospective.
En capacité de répondre aux quatre piliers du développement durable, les métropoles intermédiaires constituent des destinations touristiques en devenir, le développement de l’activité touristique pouvant jouer par ailleurs un rôle essentiel d’accélérateur de leur émergence que ce soit dans la détermination de leur périmètre légitime, dans l’expérimentation pratique de nouvelles gouvernances, en tant que facteur de régénérations urbaines et de solidarité intra territoire ou encore comme déterminant des mixités d’usages et d’ouverture aux autres.
Le tourisme constitue, pour beaucoup de territoires isolés ou insulaires, le principal vecteur de développement, et il impacte très profondément l’organisation du territoire aux points de vue économique, spatial, financier, voire politique. Activité fortement concurrentielle, le tourisme aujourd’hui se remet en question en interrogeant les effets de ses pratiques afin de les rendre durables. Faire du tourisme un facteur déterminant de l’aménagement équilibré d'un territoire isolé ou insulaire, marqueur des relations solidaires, c'est interroger la gouvernance, la planification et le devenir durable de ces destinations rêvées mais fragiles.